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« Transmettre son exploitation laitière en Poitou-Charentes »
L'exploitation
- 320 chèvres
- 38 ha dont 31 ha SP
Parcours d’installation
Joël : "Cela fait quelques années que je pense à céder mon exploitation. Mon objectif était d’installer un jeune sur l’exploitation et le cheptel existant."
Guillaume : "Depuis 1999, je travaille dans l’exploitation de Joël en tant qu’apprenti dans un premier temps puis comme salarié agricole à quart temps ensuite. Mes parents ne sont pas agriculteur mais j’ai toujours vécu à Brulain et j’aime l’agriculture. J’ai donc fait des études agricoles."
Aurélie : "De mon côté, mon souhait était de m’installer en élevage caprin donc j’ai aussi fait des études en milieu agricole pour finir par un CS caprin à Melle. J’ai aussi été apprenti chez Joël puis salariée au trois quart temps."
"Au départ on ne pensait pas forcément reprendre l’exploitation de Joël. On s’est inscrit au répertoire à l’installation en 2003 et 2004. On a été voir une exploitation dans la Vienne où habite la famille d’Aurélie. Il y avait plus de terres avec le troupeau caprin ce qui intéressait beaucoup Guillaume. Malheureusement une autre personne a repris cette exploitation. Finalement on a décidé de réfléchir sérieusement à la reprise de la ferme de Joël. La première étape a été de définir
une date de reprise par rapport à la date de départ en retraite de Joël. Pour savoir où nous allions, on a rencontré le banquier tous les 2 et Joël nous a accompagné avec sa comptabilité. Celui-ci a été très rassurant en nous disant même qu’il n’y aurait pas besoin de caution des parents (ce qui était notre souhait). Du coup, nous avons pris rendez vous avec un conseiller de la Chambre d’Agriculture pour faire 2 simulations. Une simulation où Aurélie s’installe seule en réduisant le cheptel à 200 chèvres et une deuxième avec l’installation d'Aurélie et Guillaume avec le cheptel existant.
Après réflexion et en travaillant toujours sur l’exploitation on s’est rendu compte que si Aurélie s’installait toute seule elle aurait trop de travail. De plus certain travaux nécessitent de la force et Guillaume travaillant à l’extérieur ne pourrait pas toujours être là en cas de besoin.
En octobre 2007, après avoir fait validé notre stage 6 mois, nous avons fait notre 50 h tous les 2. C’était très utile notamment pour connaître les différentes démarches et refaire le point sur la réglementation.
Fin 2007, l’EPI a été transmis au banquier qui a validé l’emprunt sans cautionnement et avec un projet de délocalisation dans les 10 ans."
L’exploitation reprise
Humainement : Le cédant avait vraiment le souhait de transmettre son exploitation telle qu’elle est aujourd’hui et à des jeunes. Aujourd’hui ça fonctionne, il n’est donc pas nécessaire dans un premier temps d’augmenter le cheptel.
Economiquement : pour les 2 UMO
EBE avant reprise: 50 000 €
Le coût de la reprise s'élève à 188 000 € (petit matériel, cheptel, stocks, matériel, machine à traire).
EBE prévu : 56 000 €
Chiffre d’affaires prévu : 392 000 €
Revenu disponible prévu : 21 000 €
Points forts
Joël : "Mon objectif de céder est atteint et ça s’est fait dans la durée. J’ai pu faire les démarches auprès des différents propriétaires par rapport à la succession et il ne devrait pas y avoir de soucis. Nous avons eu le temps de faire un chiffrage sérieux de la reprise."
Aurélie et Guillame : "De notre côté, le gros point fort, c’est que nous connaissions tous les 2 l’exploitation pour y avoir travaillé plusieurs années donc la transition sera douce même si on se repose encore beaucoup sur Joël pour certaines décisions. On s’y est pris très en avance donc on y a bien réfléchi et chaque chose a été faite à temps. L’autre gros point fort de cette reprise, c’est la façon dont l’exploitation nous a été cédée. Nous reprenons aujourd’hui un cheptel et un peu de matériel, pour tout le reste c’est de la location. Le bâtiment était déjà en location et le propriétaire a accepté de le louer à nouveau pendant 10 ans. Ce bâtiment est dans le village proche des tiers donc nous devrons le délocaliser mais nous avons le temps de nous adapter déjà à l’outil, au troupeau… De cette façon, la délocalisation se fera aussi tranquillement que l’installation et nous pourront décider du type de bâtiment par rapport à la façon dont on travaillera."
Freins
"Malgré tout, il y a eu des petites erreurs dans le projet. Le projet a été validé en CDOA avec des chiffres faux à cause de la précipitation de l’administration. Nous sommes donc obligés de faire un emprunt supplémentaire de 10 000 € qui ne sera pas comptabilisé dans les prêts JA donc plus de frais et des tracas supplémentaires."
"De plus, les stocks à reprendre sont très difficiles à estimer et ne sont plus finançable par le prêt JA, ce que nous avons appris que récemment, il faut donc encore trouver une solution de financement ou réestimer le cheptel à la hausse ce qui est loin d’être satisfaisant".
Crédit-photo : Marie-Laure Laucournet/Réussir La Chèvre
Propos recueillis par Angélique Roué de la Chambre d'Agriculture des Deux-Sèvres (2008)