Témoignages d'éleveurs

GAEC Les Caprines  Une installation en famille en Poitou-Charentes

S'installer en GAEC avec ses parents.

L'exploitation

- 430 chèvres - 360 litres

- 120 ha de SAU dont 60 ha de SFP

- 100 brebis

- 3 UMO familiales : Chantal : atelier caprin et comptabilité, Cédric : atelier caprin, Serge : ateliers ovins et cultures

Un parcours semé d'embûches et une réfléxion de fond

Le troupeau caprin existant se compose de 120 chèvres. Elles ont de gros problèmes de CAEV qui les pénalisent au niveau de leur potentiel de production et de leur qualité de lait. Malgrè la pratique de l'IA depuis de nombreuses années, les performances du troupeau ne sont pas satisfaisantes. Et puis la chèvrerie est vétuste, de nombreux travaux sont nécessaires.

La décision est alors prise de créer un nouveau troupeau indemne de CAEV dans un bâtiment fonctionnel.

Le permier projet, déposé en 2000, est la construction d'un bâtiment de 400 places avec l'achat de 300 chevrettes. La banque n'accepte pas de suivre ce projet qu'elle trouve trop risqué financièrement.  Les éleveurs décident alors de déposer un projet en deux étapes avec la construction successive de deux bâtiments de 200 places. Plus d'auto-construction est également intégrée. Cette proposition est acceptée.

2001 : Cédric termine ses études en juin et arrive sur l'exploitation. Construction du 1er bâtiment et de la salle de traite, achat de 116 chevrettes, et 4 boucs indemnes de CAEV.

2002 : Achat de 80 chevrettes et 2 boucs indemnes de CAEV.

2003 : Début de construction du 2ème bâtiment, augmentation du troupeau par auto-renouvellement, 60 chèvres sont inséminées.

2004 : Installation de Cédricen janvier après 6 mois en tant qu'aide familiale et 2 ans en tant que salarié.

Une installation souhaitée depuis toujours

"Cédric a envie de s'installer depuis qu'il est né". Cette phrase résume bien la situation. L'objectif professionnel de Cédric a toujours été l'installation.

L'exploitation de Serge et Chantal comportait trois productions complémentaires : les ovins, les caprins et les cultures. Les ovins n'interessent pas Cédric. Concernant les cultures, la pression foncière est trop forte pour envisager un agrandissement et Serge n'a jamais cru à la pérennité de la vente des céréales. Le choix est donc de développer l'atelier caprin.

"Je ne souhaitais pas non plus m'installer seul, c'était une vraie opportunité de m'installer avec mes parents".

Stratégie d'investissements et de financements

Investissements       Financements
2001

1er bâtiment et salle de traite

1er achat de chevrettes

94 500 €

9 909 €

PAM (12 ans - 3 %)

PAM (12 ans - 3 %)

Prêt complémentaire  (12 ans - 6,32 %)

Prêt complémentaire  (5 ans - 5,37 %)

PAM (7 ans - 3 %)

41 161 €

27 441 €

4 500 €

4 500 €

9 600 €

9 909 €

20022ème achat de chevrettes6 098 €

PAM (7 ans - 3 %)

6 098 €

2003

tracteur

chargeur

41 923 €

4 878 €

Prêt (7 ans - 3,51 %)

Prêt (7 ans - 3 %)

41 923 €

4 573 €

2004

2ème bâtiment

hangar à fourrages

bène et voiture d'exploitation

81 000 €

15 000 €

21 500 €

PAM (12 ans - 2%)

Prêt complémentaire (12 ans - 2 %)

Prêt (8 ans - 2 %)

Prêt 7 ans - 3,65 %)

41 162 €

4 573 €

10 260 €

21 500 €

2005

feed-car

faucheuse

34 000 €

PAM (7ans - 2 %)

Prêt complémentaire (12 ans - 2 %)

18 000 €

16 000 €

TOTAL308 808 €257 005 €


Conditions facilitantes

Les parents ont investis dans le troupeau et pour le troupeau.

Structure d'exploitation en place et les banques ont suivi.

Et si c'était à refaire ?

Chantal, Cédric et Serge pensent avoir fait le bon choix en développant l'atelier caprin, compte tenu de la conjoncture actuelle. Par contre leur avis est plus mitigé à propos de leur cheminement.

L'argumentation progressive a permis un étalement du financement et du travail. C'est également plus facile techniquement de maîtriser l'atelier caprin.

Cependant, c'est très lourd  en terme de travail, il ne faut pas laisser les chèvres de côté.

De plus, il y a eu un surcoût de 25 % entre les 2 bâtiments : augmentation du coût des matériaux, du coût de la main d'oeuvre, améliorations constatées nécessaires par rapport au premier bâtiment. Ceci n'avait pas été envisagé et a entraîné quelques problèmes de trésorerie.

Perspectives

Serge, Chantal et Cédric se trouvent face au constat qu'ils ont peu de temps libre et qu'il est difficile de s'organiser pour les week end. Les 3 associés souhaitent donc employer un salarié, et vont proposer un mi-temps traite et alimentation du soir plus un week end sur deux.





Crédit-photo : Marie-Laure Laucournet/Réussir La Chèvre



Propos recueillis par Céline Saint-Jean de la Chambre d'Agriculture de la Vienne (2008)